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une info provencemagazine.info Concert des Mailomanes à Marseille - Plus le mystère Glenn Gould se dissipe, plus il devient opaque... Malgré les heures de films, les interviews, ses écrits, le musicien le plus médiatisé de son temps conserve ses mystères. Jean-Caude Niéto, récitant et Gérard Abrial évoqueront le Glenn Gould qui fascine, exaspère et souvent...émeut. Au piano, Marie-Josèphe Jude *fera entendre des pages de quelques compositeurs transcendés par Glenn Gould: Bach, Scarlatti, Brahms, Beethoven... Le 17 février à 20h Auditorium du Pulmann Palm Beach Marseille. Entrée: 30 euros Etudiants: 20 euros. Réservations: lesmailomanes@free.fr - 06 14 88 19 24

logofleche Festival de La Roque d’Anthéron 2008

critique : L’astre 2008

De Toscanini à Bernstein, de La Malibran à Lang Lang, à l’opéra comme au concert, ils sont nombreux celles et ceux qui,appelés au pied levé, ont suscité l'enthousiasme. En l’espace d’une soirée, ils ont connu, si ce n’est une gloire promise, mais l’ovation du public, voire l’intérêt des agents et de la presse. Arrivant sur scène dans un anonymat relatif, ces jeunes artistes jouent le tout pour le tout.

Idée. Puisque tant de jeunes talents se sont révélés lors de défaillances d’artistes bien plus célèbres qu’eux, pourquoi ne pas créer un « Festival des Remplaçants » ? (Sans aller jusqu’aux « Remplaçants de remplaçants…) ? Succès assuré.

Et c’est ainsi qu’à 20 ans, Andrei Korobeinikof fit ses premiers pas à La Roque le 28 juillet 2006 à la place de « l’irremplaçable » Ivo Pogorelich. Et pourtant… Les échos de ce récital furent plus qu’élogieux. Enthousiastes. Ce 20 août, le jeune Korobeinikof apparaît donc. Au vu de son programme, on pouvait se dire « Voilà un artiste qui ne doute de rien… » En première partie, exit le Rachmaninov promis au profit de Beethoven (irritation du public…) Mais, Scriabine, compositeur qui fait froncer les sourcils des mélomanes occasionnels sera maintenu.
Du « grand sourd », les Bagatelles opus 33 ne sont pas très connues et la sonate n°4 est bien moins courtisée que la « Clair de Lune » ou l’ « Appassionata ». Et puis, à 22 ans, Beethoven, c’est « présomptueux grave » selon le mot d’un auditeur au look techno. Que pèsent ces réticences aux premières mesures d’Andrei Korobeinikof ? Plus rien, envolées, dissoutes. Le jeune moscovite aurait, chemin faisant, obliqué vers les Variations de Webern ou le piano seul de Henze (vos invités s’incrustent ? Une solution…) que nous n’aurions pas certainement pas cédé notre place. Ce jeune homme est heureux. Tout sur visage en témoigne. Une allure gauche, un sourire désarmant sur un visage paisible, une simplicité évidente qui aura fini de séduire un public émerveillé.
Et pour répondre aux vivats, Andreï, sans se faire prier, donnera un Schubert (Klavierstück en mi bémol mineur D. 946 n°1) déconcertant de simplicité.
Emotion profonde, silencieuse, respiration en apnée… Un des miracles du Festival de la Roque d’Anthéron 2008. Irremplaçable.

Gérard Abrial
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